dimanche 22 février 2015

Quand je ne suis pas là

































Le jeudi c'est leur journée. Gabrielle est enlevée par son papa de la crèche à midi. Elle fait une longue sieste et l'après-midi leur appartient. Un tête à tête qui ne me regarde pas.

Benoit n'aime que l'imprévu. J'imagine que vers 16h. Il sort sur le pas de la porte, hume l'air ambiant, introspecte ses envies à lui de lui faire découvrir le monde. Il l'habille, prend des milliers de pomcotes à boire et des chocos dans sa besace et c'est parti pour l'aventure.

Moi de mon coté, je suis sensée bosser. C'est ce que j'arrive à faire à peu près. Et de temps en temps pendant un dixième de seconde, je me demande où ils sont, ce qu'ils font. Je checke mon portable. Pas de mms, ni même un bête sms pour me mettre sur la piste. Je suis seule pendant qu'ils sont deux.

J'essaie de deviner et j'ai toujours tout faux. Quand il fait froid je les imagine au musée. Alors qu'ils ont fait deux heures de vélo sur les Rives de Saône. Quand il pleut je pense qu'ils sont restés à la maison, alors que non, il l'a emmené au Parc de la Tête d'Or voir le zoo qui était fermé.
Quand il fait beau, je pense qu'ils ont été flâner sur l'Ile Barbe, non en fait ils ont écumé tout le Musée des Beaux Arts même dans le coin Egyptologie que moi même je n'ai jamais vu.

C'est le jeu des devinettes une fois le soir venu. Elle commence juste à raconter. C'est toujours l'anecdote qu'elle retient, rarement l'importance de l'activité. Je lis leur regard de connivence, je ris intérieurement de leurs sourires en coin. Une fois qu'elle est couchée, Benoit a la gentillesse de me faire compte rendu en règle avec son lot de détails, d'amour pour elle et d'admiration pour ses nouvelles petites manies.

Je me délecte de savoir qu'ils ont la chance de pouvoir vivre ses moments-là tous les deux. Sacré.

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Draisienne Mercredi 13 de Moustache
Chaussons et legging Vertbaudet

Veste en peluche à capuches Moussaillon
Bonnet et snood tricotés par Mamie Cha

mardi 17 février 2015

Un tout petit




One day young. 1 jour de vie extra utéro. Cette série de portraits intimistes de maman bébé est signée Jenny Lewis. Elle me touche à un moment particulier de ma vie.  L'envie d'un tout petit me traverse depuis quelques temps. Elle grandit au creux de mon ventre de maman. Le désir de cet enfant se tricote à demi mots entre nous trois. J'en parle beaucoup malgré moi. J'ai la chance d'avoir un amoureux qui porte lui aussi très fort cette envie.
Notre fille qui a déjà tout compris m'a demandé si j'avais un bébé dans mon ventre.
Mais non rien. Nous n'essayons même pas. Trop de choses à débrouiller, à ordonner, à nettoyer dans ma vie assez compliquée financièrement. Je traîne quelques casseroles qui alourdissent notre liberté au quotidien. Et j'ai deux fois plus peur de me lancer que pour Gabrielle. Je connais l'énergie que ça va nous prendre de couver nos 2 oisillons. J'ai envie de me faire le cadeau d'une grossesse sans autre souci que ce petit bébé dans mon ventre, et cette fillette qui grandit collée à moi.
Mais ce qui me plaît dans la situation du moment. C'est que je me sens déjà dans l'attente, dans la possibilité d'un bébé. Bien sûr, je ne sais pas combien de temps ça nous prendra, ni si on me donnera ce cadeau de pouvoir porter un enfant à nouveau . Mais j'aime le sentiment de pouvoir déjà toucher du doigt le moment où je pourrais annoncer à ma chérie qu'elle sera bientôt une formidable grande soeur. J'adore l'idée du possible qui s'ouvre à moi avec tout ce que les 9 mois d'attente comportent d'aventures, d'inconnues, de surprises et parfois de renoncements. L'idée d'un possible qui ne demande plus qu'à se réaliser.

mardi 10 février 2015

Reine d'un jour, reine toujours



Elle n'avait que quelques semaines puis quelques mois. Je la regardais. En silence, je me demandais quelle enfant elle serait à deux ans. Quand la fantaisie arrive, quand le caractère commence à poindre. Quand les réparties fusent dans un langage d'à peu près.

J'espérais qu'elle soit curieuse comme une petite souris. Qu'elle s'émerveille de tout. Qu'elle aime les surprises. Qu'elle change d'avis tout le temps et dise non à tout.
Je ne peux pas être déçue, elle est tout ça et tellement plus encore.

Elle dit non à tout, même aux câlineries qu'il faut savoir voler. Elle a plus de vocabulaire que son papa. Elle s'emberlificote les mots quand elle est fatiguée, parce que c'est délicieux. Elle est gourmande, et invente des recettes, la cuillère de crème de marron sur carreau de chocolat date d'hier soir.

Elle danse tout le temps, saute comme un kangourou pour se déplacer, et ce qu'elle préfère c'est se cacher pour mieux t'épouvanter avec un gros "boooo". Elle s'entraîne fort pour être grande. Mais c'est le petit nouveau né bercé doucement dans les bras de papa maman qu'elle aime rejouer en fin de journée.

Elle a une passion grandissante pour son chat. Le pauvre. Elle crie. (La plupart des parents détestent, moi j'adore). Elle ordonne. Elle pleure de frustration. Elle éclate de rire à la moindre grimace. Elle se cache dans mes jupes, "je suis timide moi".

Elle a peur de faire des cauchemars. Du dinosaure dans la cuisine. Du noir au bout de l'escalier. Mais pas de sauter d'un muret. Ni de faire des cascades.

Elle, elle aime le spectacle. "Madame z'et Messieurs !" "Tadammmm !" et avec ça, le salut de rigueur après un vieux morceau façon Pierre Boulez sur son piano à 10 touches.

C'est un petit tourbillon de la vie. Un rire en cascades. Le fondant au chocolat, un grand jour de tristesse. C'est comme ça que je la voulais, comme ça que je la rêvais. Exactement, à la virgule près.
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