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L'école est finie

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Je la regardais danser sur Pittocha et la Tisane des Couleurs hier.
Torse nue, jupette qui tourne. Je me disais "mais qu'elle est jolie...
Et quelle année. Tout est bien qui finit bien."
Pourtant on a eu une mauvaise passe. Ca avait un peu commencé l'été dernier. Repris de la vigueur en décembre et atteint son apogée en février.
Un cercle infernal. Un mélange de beaucoup de choses qui ne tournaient pas rond.
Ca devenait une obsession pour moi qui oscillait entre larmes et paroles inutiles "elle est chiante".
Gabrielle refusait tout en bloc. Tout était compliqué. Des crises de nerfs à répétition.
Surtout aux moments où il fallait quitter. Son Ile Barbe. Ses copines. Notre maison.
La vie avec elle était un drame permanent. Elle nous tapait, pinçait. C'était spectaculaire. Un arrachage de cheveux. Des prises de becs de couple dans la foulée. Et un sentiment d'impuissance tétanisante. Une tristesse profonde. Un lien qui se désagrège. Une culpabilité, et à la fois une revanche à prendre sur elle en permanence. Lui en vouloir à ce point était un supplice.
Quand elle était calme, on lui parlait de sa colère. Elle aussi souffrait. De ses moues et mots de petite fille se dessinaient une culpabilité immense et le besoin urgent de trouver comment canaliser.
On avait commencé à en parler doucement à la maîtresse qui était tombée des nues. Sa jolie petite élève parfaite était une furie à la maison ? Elle prenait des nouvelles chaque semaine, et chaque semaine la même litanie d'une maman au désespoir, "non, c'est l'enfer, encore et toujours".
Mes pauvres copines à qui je servais tous les jours la même rengaine des extraordinaires aventures de Chuky. Jusqu'au jour début avril, où elle et moi on est parties bras dessus bras dessous, pour une séance qui pour beaucoup pourrait ressembler à de la magie. De la métakinébiologie. Une méthode plus centrée sur le corps que sur les mots. Un moment très doux et salvateur pour nous deux. Prendre chacun la part de ce qui nous appartient. Se responsabiliser. Ré-équilibrer les forces.
Nous sommes rentrées à la maison. Et de jours en jours, les colères se sont estompées. Je me suis sentie disponible à la joie, prête à savourer le bonheur du quotidien avec elle. Comme un bouton on/off.
La maîtresse a fait sa part du colibri elle aussi. Une petite fille grande pour son âge dans une classe qui accueille des petits, plus en demande qu'elle. Une écoute et une priorité qui lui sont rarement accordées. Une frustration immense de ne pas être entendue. Une gentillesse qui fait qu'elle ne s'affirme que rarement. Entendre de la bouche de la maîtresse des mots qui lui font du bien. Voir que Papa Maman cherchent à résoudre la problématique. Reconnaissance. Apaisement.
Une année scolaire qui se termine dans la sérénité. Des vacances insouciantes qui commencent dans la légèreté. Un rythme pesant qui perd tous ses repères pour le bien de toute la famille. Ne rien faire. Rester sur l'Ile Barbe jusque 19h30. Écouter de la musique assis dans l'herbe aux jeudis des musiques du monde. Dévorer une glace au petit déjeuner. Et danser torse nu sur Pittocha et la Tisane des Couleurs. La vie.


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