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Bref, j'ai crié pour Martin Fourcade

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Un petit texte ressorti du placard, et de mon ancien blog. Diablement d'actualité, car oui j'ai crié pour encourager Martin Fourcade ce midi pour sa course qui m'a fait battre le coeur comme jamais. La déception qui va avec rend le moment encore plus intense, plus dramatique. J'adore.

C'est difficile à expliquer, j'arrive pas trop à savoir d'où ça vient, mais j'ai une fascination totale pour les jeux olympiques d'hiver. Peut-être parce que les premiers à m'avoir ensorcelée, avaient lieu à Albertville, à quelques kilomètres seulement de chez moi, alors que j'avais 14 ans. Ca tombait bien, on avait de la neige plein le jardin, c'était les vacances scolaires de février, si bien que j'étais restée scotchée à la télé, et c'est là que j'avais découvert Decouflé d'abord, puis tous nos héros médaillés, Edgar Grospiron au ski à bosses, Fabrice Guy au combiné nordique, les fameux Duchesnay en patinage... Cette année, quelle n'est pas ma frustration. D'abord Vancouver, c'est loin et c'est une planète qui ne vit pas dans le même espace temps que nous. Difficile donc de se connecter aux épreuves quand elles commencent à 8h du soir. Ensuite, mon antenne de télé est morte, et capter un direct sur internet est très aléatoire.

J'ai quand-même réussi à soutenir la médaille de bronze de la petite lyonnaise en biathlon (cocorico ! j'aime me persuader que j'ai participé à la réussite de cette petite par mes merveilleuses ondes d'optimisme) et à suivre un vague résumé de la victoire du suisse Hamman en saut à ski. En voilà une bien belle épreuve. Je me demande qui a bien pu inventer ça. Celui qui s'apprête à sauter, est tout seul là-haut sur son perchoir, il est mi homme mi oiseau. Il glisse d'abord parfaitement sur ce sautoir à la courbe parfaite, puis s'élance dans le ciel, d'où il peut quasiment toucher du doigt les nuages plutôt bas en cette saison, avant de retomber les pieds sur la neige ferme, comme si tout ça était facile, comme si ça allait de soit, comme si on était tous capables de voler avec cette élégance folle, et l'impertinence d'un débutant qui ne l'est pas.

A bien les regarder, elles sont toutes aussi improbables les unes que les autres, ces épreuves. Elles ne servent à rien, juste à faire rêver. Certes les JO d'été, eux aussi, ont leur part de magie. L'anatomie humaine est poussée dans ses retranchements, le corps dénudé est magnifié. L'homme va jusqu'au bout de l'homme. Mais l'hiver... Serait-ce la neige, le givre, les éclats de lumière de la glace qui transforment l'homme emmitouflé en dieu ? Armé de skis ou d'une luge, et d'un bonnet, il défie les lois de la nature, il plane toujours plus loin, il glisse toujours plus vite. Si bien que, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, on se dit qu'au delà d'une certaine dose de courage, ils sont surtout complètement inconscients, ces athlètes ! Même le curling, qui ne met pas particulièrement ses participants dans une position surhumaine, me fait halluciner, je ne vois aucun équivalent l'été qui soit aussi décalé.

Alors ce soir, ma chambre ressemble à chalet dans la montagne. A la fenêtre, le combiné nordique et le biathlon homme, où l'on attend quelques petits chouchous qui réussiront ou non. C'est le spectacle incessant des JO, les grands gagnants annoncés n'ont que l'espace d'un instant pour accomplir ce qu'on attend d'eux, et parfois la pression les relègue au rang de l'illustre inconnu, quand un petit poucet que personne ne connaît, lui vole la vedette en 2 temps 3 mouvements. C'est le drame pour l'un, le conte de fées pour l'autre, l'ombre ou la lumière.
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