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L'autorité parentale selon Jean Epstein

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La crèche du Centre Social de Saint-Rambert accueillait hier soir le psychosociologue Jean Epstein. Nous avons, mon chéri et moi, passé une soirée formidable mélangeant réflexions sur l'autorité parentale, et rires en cascade. C'est un homme passionnant pour ce qu'il a à transmettre et pour sa façon de transmettre. Ces deux heures nous ont paru durer 10 minutes...

Ce que je retiens de la conférence, c'est l'évolution dont la famille a bougé en 40 ans et la place que chacun doit trouver et tenir, pour faire autorité.
Le père. Jusqu'en 1970, la loi de la puissance paternelle (au secours) dessinait un père autoritaire qui sévissait quand sa femme à bout l'appelait au secours pour corriger les enfants turbulents. Il ne s'engageait dans rien d'autre que cette forme d'autorité-là. C'est généralement un grand-père extraordinaire qui, sur le tard, a pris conscience d'avoir manqué quelquechose avec ses propres enfants.
Le père d'aujourd'hui n'a plus l'autoritarisme d'autrefois, et pourtant jouer avec ses enfants ne lui enlève en rien son autorité. Ce père est de plus en plus extraordinaire, c'est même devenu un héros lorsqu'il est pro-actif, mais pourtant il dérange l'opinion publique. Il y a toujours un certain manque de confiance à son égard.
La mère. Elle a gagné un droit égal à celui du père à l'autorité parentale en 1970.
Le nombres de femmes actives comme on le sait, a explosé ces 40 dernières années.
Les parents d'aujourd'hui. Phénomène apparu récemment, les parents d'avant ne se posaient pas la question, les parents d'aujourd'hui ont peur que leurs enfants ne les aiment pas s'ils posent des interdits. Et on voit de plus en plus de parents devenir parents-copains.
Les grands-parents. Dans les années 60, très peu d'enfants avaient la chance d'avoir leurs 4 grands-parents. Aujourd'hui non seulement les grands-parents sont encore là, mais l'enfant a parfois la chance d'avoir même encore ses arrière-grands-parents. Les grands-parents deviennent grands-parents en moyenne à 54 ans. Ils sont jeunes, actifs, et pro-actifs même dans leur rôle auprès de leur petits enfants. Résultat, on ne peut pas dire que c'était mieux avant avec des grands-parents quasi inexistants. Les grands-parents ont un rôle formidable à jouer dans notre société, celui de ne pas être des parents.
Les familles d'aujourd'hui. Sont parfois des familles recomposées. Les parents et les beaux-parents doivent trouver leur place afin de faire autorité devant leurs propres enfants, eux même parfois frères et soeurs ou parfois demi-frères et demi-soeurs.
Un paysage familial qui a explosé, où l'on doit s'adapter pour trouver sa juste place de parent.

Quand faire autorité
On entend souvent dire "tout se joue avant 3 ans". Rien n'est jamais joué, ni irrattrapable pour prendre sa place de parents. En tant que parents on est des modèles autant pour les enfants que pour les adolescents. Adolescents qui ne feront potentiellement pas de crise si les cadres et les repères ont été installés enfant. Quant aux bébés, on ne fait pas autorité sur un bébé, on répond à ses besoins de sécurité affective.

C'est quoi l'autorité ?
Avant on disait avoir de l'autorité, aujourd'hui c'est faire autorité qui constitue un repère.
L'autorité c'est élever un enfant jamais l'abaisser.
Faire autorité c'est s'autoriser à dire à son enfant qu'on l'aime tel qu'il est.
C'est pas toujours faire perdre l'enfant, mais lui apprendre que perdre ça peut arriver et que ce n'est pas grave. C'est aussi le laisser gagner parfois.
C'est préférer la sanction à la punition. Sanctionner c'est cadrer.

Mots clefs de l'autorité
Triangle : père-mère-enfant mais aussi parents-crèche ou assistante maternelle-enfant
Confiance : confiance entre les 3 parties impliquées, mais aussi entre les adultes et l'enfant, être rassurant c'est primordial.
Juste place : être à sa place de parent, et laisser l'enfant dans sa place d'enfant. L'enfant n'est pas le chef de famille.
Interdits
Cohérence
Différence : on ne fait pas autorité de la même manière qu'on soit un parent, ou une assistante maternelle. L'enfant doit comprendre qu'il doit s'adapter aux cadres qui diffèrent d'un environnement à l'autre. On ne fait pas non plus autorité de la même manière devant un enfant ou devant un autre.

Comment faire autorité ?
Sanctionner c'est amener l'enfant à comprendre qu'on est pas d'accord avec son comportement. L'enfant naît dans un monde de toute puissance. Bébé, il a tout ce qu'il veut et tout de suite. Il faut lui apprendre le principe de réalité : je ne suis pas le centre du monde, je n'ai pas tout, et j'attends. Créer de la frustration et apprendre aux enfants à attendre c'est fondamental.
Utiliser le "je". "Je ne suis pas d'accord".

Exemple concret : Descends, tu vas tomber ! (l'enfant obéït, il tombe), je te l'avais bien dit !
Résultat l'enfant remonte pour satisfaire l'attente de l'adulte.
C'est mieux de formuler autrement. Je ne suis pas d'accord avec le fait que tu montes sur cette chaise, j'ai peur que tu tombes.

Critères à respecter pour une sanction efficace
Elle doit être immédiate, véhiculée par la personne concernée, cohérente, adaptée à chaque enfant, expliquée mais pas négociée, pas humiliante, ferme et pas discutable, juste.

Le mot de la fin
Pour faire autorité les adultes doivent assumer leur rôle d'adulte.

A lire :
Une petite interview de jean Epstein sur infobébé.
Nous sommes des parents formidables, 100 clefs pour réussir l'éducation de nos enfants - Jean Epstein
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